La commune est constituée de deux anciennes entités administrative réunies,
BESSENS d'une part et LAPEYRIERE de l'autre, demeurée autonome jusqu'en 1813.
Comme dans toutes les communes de la vallée entre Garonne et Tarn, celle-ci
renferme des traces d'occupation du sol remontant à l' Antiquité.
Il exista une villa gallo-romaine dans l'Antiquité tardive, autour du IVè siècle,
qui fut le point de départ des ouvertures de terroirs agricoles gagnés sur la forêt,
mais c'est de l'époque wisigothique, au Vè siècle, que date le nom du village.
Un personnage nommé Betto, Besso ou Biso, on ne saura jamais exactement, s'installa ici,
et son patronyme fut associé au lieu sous la forme Besingos.
Toulouse n'est pas loin, et toute cette zone était dans l'aire d'influence directe
de la capitale du royaume wisigoth. L'apparition de l'église Notre-Dame est difficile
à situer, peut-être au début du Moyen-Age, un peu après la fin de la domination wisigothique.
Elle pourrait avoir donné naissance à un enclos ecclésial, c'est à dire quelques maisons
rassemblées autour du lieu de culte dans une modeste enceinte de fossés ou une simple
palissade.
A ses côtés, profitant de la proximité du grand chemin de Toulouse,
une motte artificielle, détruite vers 1820, porta une tour ou un petit château
dès le Xiè siècle.
Une famille de chevaliers s'imposa en effet lors de l'apparition de la société féodale
et prit le nom de BESSENS.
Leur lignage fut d'ailleurs l'un des plus importants de la région au XIIè siècle et paraît
lié aux seigneurs de VERDUN.
Cependant, au XIIIè siècle, le lieu passa aux mains
du comte de TOULOUSE, fut transmis au roi de France en 1271 et offert par lui au XIVè siècle,
avec nombre d'autres communautés, au vicomte de Terride (commune de Labourgade).
Autour du noyau initial, des faubourgs se créèrent peu à peu le long des chemins.
Installé plus à l'est, sur le bord de la terrasse qui longe la plaine,
le hameau de LAPEYRIERE, au tissu très lâche, est certainement lié au château de MONFOURCAUD,
dont le site présentait encore au XIXè siècle des ruines entourées d'un large fossé,
probables vestiges d'un édifice médiéval.
On ne peut pas connaître aujourd'hui la forme initiale de LAPEYRIERE, car le village,
si village il y eut, fut entièrement ravagé en 1628 lors de la sanglante bataille entre
catholiques des environs et soldats protestants montalbanais.
L'église, détruite lors de cet épisode, fut rebâtie de manière très modeste,
et un pèlerinage s'y développa à la suite de l'épidémie de peste de 1653.
L’apparition de l’église de Notre Dame est difficile à situer,peut être au début du moyen Age,
un peu après la fin de la domination wisigothique.
Elle pourrait avoir donné naissance à un enclos ecclésial,
c’est à dire quelques maisons rassemblées autour du lieu de culte dans une modeste enceinte de fossés
ou une simple palissade.
A ses côtés, profitant de la proximité du grand chemin de Toulouse,
une motte artificielle, détruite vers 1820, porta une tour ou un petit château dès le XI° siècle.
Cette église, dédiée à l’Assomption, ruinée entièrement au 16° siècle, fut rebâtie au milieu du 17° à
peu près telle qu’elle est aujourd’hui, avec une nef rectangulaire terminée par une abside à cinq pans
et flanquée de deux chappelles.
En 1913,dans le cœur, puis en 1920 dans la nef, on a crée curieusement sur
un plafond plat de fausses nervures en plâtre .
Le portail à voussures appartient sans doute à l’église précédente.
Le clocher-mur de trois étages a été restauré en 1861 ; on lui a donné alors un pignon de forme cintrée
La balustrade Louis XV en fer forgé est ornée d’attributs eucharistiques.
L’église de Lapeyriere, située dans le hameau du même nom au dessus de la plaine de la Garonne,
ne fut jamais qu’une annexe : jadis de Dieupentale, aujourd’hui de Bessens.
Elle est dédiee au martyr Saint Ferréol et fût le centre d’un pèlerinage, aujourd’hui
disparu mais très suivi aux 17e et 18e siècles après la peste de 1653.
Brûlée par le gouverneur protestant de Montauban en 1628.
Elle fut rebâtie pauvrement quelques années plus tard.
Les nécessités du pèlerinage firent ajouter à la construction un bas côté droit moins haut
que la nef existante à laquelle il se relie par une série de trois arcades en plein cintre.
Le clocher est une petite tour carrée surmontée d’une pyramide à quatre pans.
Vingt cinq ans après les horribles massacres qui firent de nombreuses victimes notamment à Montech et à Verdun.
La peste exerça d’immenses ravages dans le Quercy et à Montauban, au cours de l’année 1653.
Cette ville perdit plus de huit mille habitants.
La population est consternée, effrayée, tremblante à l’idée d’une simple réunion pouvant créer une contamination.
Les Chamoines durent quitter Montauban et s’établir à Montech puis à Castelsarrasin jusqu’ à la fin de ce terrible fléeau.
Les contrées voisines de cette malheureuse citée : Montech, Finhan, Montbartier, Monbéqui,
Bessens, Dieupentale , étaient loin d’être épargnées par la peste : les hommes tombaient et mouraient ;
les voisins, les amis, les parents se saluaient et s’embrassaient comme pour la dernière fois.
En ces tristes jours de deuil et de lamentables épreuves,
le sentiment religieux se réveille plus vivement que jamais.
On recourt à toute personne pouvant apporter tout secours surnaturel,
à celui qui semble être le maître souverain de la vie et de la mort,
on invoque la protection puissante du Saint Patron de Lapeyrière.
Au signal donné, au jour indiqué, on se rend processionnellement, au sanctuaire du Saint Martyr.
On répète aujourd’hui même, que plus d’un pèlerin fit, à genoux, la pénible ascension qui conduit à ce sanctuaire.
Les générations qui se sont succédées n’ont eu cesse de répèter que depuis le jour mémorable du pèlerinage,
on n’eut plus à compter de nouvelles victimes.
Saint Ferréol de Vienne, dont on ignore la patrie native,était un tribun romain.
Ce grade supérieur qui lui donnait un commandement sur mille soldats en faisait evidemment un officier supérieur,
et nous laisse naturellement comprendre en quelle estime il était dans l’esprit de ses chefs,
à cause de son intelligence et de ses qualités militaire.
Mais aux qualités de son état,
le tribun romain en ajoutait d’autres non moins précieuses, celle d’ un vrai disiple de Jesus Christ.
En effet, plein de foi et de charité pour ses semblables, sous sons habit d’officier se cachait une âme d’ apôtre.
Une telle vie ne pouvait passer inaperçue,il fut dénoncé comme chrétien au gouverneur de Vienne,
à Crispin qui le fit comparaitre devant son tribunal.
Le gouverneur le condamna d’abord à la prison puis après son évasion ou il traversa le Rhône à la nage,
il le condamna à mort.
Notre saint fut décapité à Vienne vers l’an 287.